Rentrée Littéraire 2012 : 10 livres dans notre bibliothèque

Rentrée littéraire 2012La rentrée, ce n’est pas uniquement des milliers d’enfants plus ou moins grands qui rejoignent les bancs des écoles, c’est aussi un grand moment pour le monde de la littérature. Les sorties en cette saison sont nombreuses et les étals des libraires proposent une multitudes de titres, de premiers romans, de nouveaux venus sur la scène littéraire ou de mastodontes de la plume. Les critiques multiplient les bons mots ou les phrases assassines sur tous, encensent les auteurs ou au contraire les couvrent du voile de la médiocrité. Dans tous les cas, il est temps de ranger les livres d’été et de faire place nette pour accueillir vos prochains compagnons de vie.

Puisqu’il ne nous a pas été donné de lire ces œuvres nouvelles, voici tout de même une sélection de dix romans que nous mettrions bien dans notre panier.

  • Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka (Phébus)

Note de l’éditeur
L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d’un chœur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

Pourquoi lui ?
Pour découvrir une auteure, une écriture, un contexte méconnu dont l’Histoire parle peu, voire pas du tout.

  • Tierro Monénembo terroriste noirLe terroriste noir – Tierno Monénembo (seuil)

Résumé
Tout commence en lisière de la forêt des Vosges, un jour de 1940, quand un père et son fils partis cueillir des champignons tombent par hasard sur un « pauvre nègre » endormi au pied des arbres. Conduit au village, ce jeune Guinéen adopté en France à l’âge de 13 ans, à la fois austère et charmeur, y fera sensation. Il saura enflammer les cœurs, s’attirer des protections. Mais ce n’est qu’un début : en 1942, il entre en contact avec la Résistance et crée un des premiers maquis de la région. Lancés sur ses traces, les Allemands l’appelleront « le terroriste noir ».
Qui a trahi Addi Bâ ? Une de ses nombreuses amantes ? Un collabo professionnel ? Ou tout simplement la rivalité opposant deux familles aux haines séculaires ? À travers cette figure fascinante, c’est tout un pan méconnu de notre histoire qui défile : ceux que l’on appelait les tirailleurs sénégalais. C’est aussi la vie quotidienne de la population des Vosges, évoquée par Tierno Monénembo avec une verve irrésistible… comme s’il s’agissait d’un village africain..

Pourquoi lui ?
Pour retrouver un vent d’Afrique dans un contexte inattendu. Pour l’écriture de l’auteur, très enlevée.

  • Abdellah Taïa InfidèlesInfidèles – Abdellah Taïa (Seuil)

Résumé
Slima est une prostituée marocaine. Son fils Jallal est très attaché à elle. Il l’aide à attraper les hommes, les clients, les soldats d’une base militaire. Il parle et se bat à sa place. Ensemble, ils découvrent à la télévision Marilyn Monroe, en tombent amoureux et en font leur déesse protectrice. Des années 80 à aujourd’hui, nous suivons leurs deux destins en parallèle, de la ville de Salé jusqu’au Caire, de Bruxelles à Casablanca. Purs et impurs, cette mère et son fils réinventent continuellement le sens profond de leur vie mouvementée et de leur attachement pour le Maroc, fait d’amour et de haine. Étape après étape, ils redécouvrent leur religion, l’islam, et la vivent d’une manière inédite. Ils iront jusqu’au bout de cette voie. La tombe du prophète Mohamed à Médine pour elle. L’explosion sublime pour lui. C’est un roman violent et profond qui prend à revers aussi bien l’islam dogmatique que l’incompréhension que suscite l’islam en Occident. Il devrait rencontrer un grand écho : on s’approche au plus près, au-delà du politique, de ce qui secoue les peuples arabes aujourd’hui.

Pourquoi lui ?
Pour vivre l’évolution de ce couple, suivre le cheminement de leurs pensées très personnelles quant à l’Islam. Pour connaître cet autre regard d’un auteur qui nous est inconnu sur le monde arabe, une autre approche, que celle des auteurs comme Khadra, Marouane, Khelladi et d’autres encore.

  • Printemps Barbare – Hector Tobar (Belfond)

Résumé
Quand elle était jeune fille au Mexique, Araceli Ramírez voulait être une artiste. Au lieu de ça, la voici cuisinière dans la luxueuse villa de bobos californiens. Cuisinière, mais aussi femme de ménage et baby-sitter ! C’est que la crise est passée par là, forçant les Torres-Thompson à dire adiós à leur bataillon de domestiques latinos.
Aujourd’hui justement, Araceli est inquiète. Cela fait maintenant quatre jours qu’el señor et la señora ont quitté la maison après une dispute, la laissant seule avec les deux petits garçons. Que faire ? Prendre son courage à deux mains et tenter l’aventure dans la jungle de Los Angeles, à la recherche d’un hypothétique grand-père dont elle ignore jusqu’à l’adresse.
Mais l’expédition tourne au cauchemar. Perdue dans une ville hostile, accusée de kidnapping par des parents fautifs et affolés, Araceli va découvrir le sort cruel réservé aux barbares, ceux qui ont eu le tort de croire à l’American dream…

Pourquoi lui ?
Pour se laisser emporter dans une aventure trépidante et sans concessions. Pour l’auteur, qui semble fustiger bon nombre de clichés américains. On espère de ce livre qu’il ne nous laisse qu’une fois la page finale tournée.

  • Tahar Ben Jelloun bonheur conjugualLe bonheur conjugual – Tahar Ben Jelloun (Gallimard)

Résumé
Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d’expositions, de voyages et de liberté, foudroyée.
Muré dans la maladie, il rumine sa défaite, persuadé que son mariage est responsable de son effondrement. Aussi décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d’écrire en secret un livre qui racontera l’enfer de son couple. Un travail d’auto-analyse qui l’aidera à trouver le courage de se libérer de sa relation perverse et destructrice. Mais sa femme découvre le manuscrit caché dans un coffre de l’atelier et décide de livrer sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari.
Qu’est-ce que le bonheur conjugal dans une société où le mariage est une institution ? Souvent rien d’autre qu’une façade, une illusion entretenue par lâcheté ou respect des convenances. C’est ce que raconte ce roman en confrontant deux versants d’une même histoire.

Pourquoi lui ?
Pour retrouver Tahar Ben Jelloun, son écriture, son univers et cette histoire sympathique qui ne devrait pas manquer de charme.

  • Amin Maalouf les désorientésLes désorientés – Amin Maalouf (Grasset)

Résumé
Cela fait vingt-cinq ans qu’Adam n’est pas retourné dans son pays natal. Vingt-cinq ans qu’il vit à Paris, où il est un historien reconnu.
Une nuit, il est réveillé par la sonnerie du téléphone. L’appel vient du pays où il est né et où il a grandi. L’un de ses plus proches amis de jeunesse est à l’agonie. Il s’appelle Mourad, et avant de mourir, il voudrait revoir Adam, avec lequel il est brouillé depuis toutes ces années.
Alors, sans réfléchir, Adam prend le premier avion. Après des décennies d’absence, le revoici au pays de ses origines, un pays d’Orient aux montagnes couleur de lait. Ce grand intellectuel qui avait choisi l’exil retrouve soudain les lieux et les gens qu’il avait quittés sans se retourner. Peu à peu, le passé refait surface. Adam se souvient de Naïm, de Bilal, d’Albert et de Ramez, il se souvient des nuits passées à débattre passionnément, il se souvient de la guerre.
Il s’installe chez la belle Sémiramis, et soudain, c’est l’heure du bilan. Que sont-ils tous devenus ? De l’islamiste « fréquentable » à l’ingénieur devenu moine, du magnat des affaires au politicien véreux, les amis de jeunesse ont suivi des voies différentes, et certains d’entre eux ont à présent les mains sales. Que faut-il préférer ? La pureté de l’exil ou l’engagement qui corrompt ? Le courage n’est pas toujours là où l’on croit… L’amour et l’amitié, les idéaux et les compromissions, la politique, le désir, la trahison, c’est à tout cela qu’Adam se confronte au cours de ce voyage, avant de rencontrer son destin…

Pourquoi lui ?
De la même façon que pour Tahar Ben Jelloun, retrouver un écrivain dont les précédents romans nous ont séduits. Voir comment ces différents exilés peuvent retrouver leur pays, leurs racines et les proches qu’ils ont laissé derrière eux…

  • Audur Ava Olafsdottir embellieL’embellie – Audur Ava Olafsdottir (Zulma)

Note de l’éditeur :
En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu’à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.
Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus.

Pourquoi lui ?
Pour cette aventure très étrange et ce couple hors du commun. L’embellie attise la curiosité et on se demande bien où son auteure souhaite nous emmener. Quelles découvertes au fil des pages ?

  • Olivier Adam les lisièresLes Lisières – Olivier Adam (Flammarion)

Note de l’éditeur
Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s’occuper, « pour une fois », de ses parents, son père ouvrier qui s’apprête à voter FN et le tsunami qui ravage le Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence. De retour dans la banlieue de son enfance, il doit se confronter au monde qui l’a fondé et qu’il a fui. En quelques semaines et autant de rencontres, il va se livrer à un véritable état des lieux personnel, social et culturel.
Dans ce roman ample et percutant, Olivier Adam embrasse dans un même souffle le destin d’un homme et le portrait d’une certaine France, à la périphérie d’elle-même.

Pourquoi lui ?
Un des livres de cette rentrée dont tout le monde parle. L’accent est mis sur la profondeur du livre, sur celle du héros. Pour se faire une idée personnelle et parce qu’Olivier Adam dispose aussi d’une écriture très agréable.

  • Barbe Bleue – Amélie Nothomb (Albin Michel)

Résumé
Amélie Nothomb revisite l’histoire de Barbe Bleue dans une époque plus contemporaine. Saturnine, l’héroïne, se lance dans une colocation très particulière.

Pourquoi lui ?
Parce que l’histoire peut-être passionnante sous la plume de l’auteure et qu’un Nothomb de temps en temps, c’est s’octroyer une récréation qui ne nous est pas familière.

  • François Marchand week end en familleUn week-end en famille – François Marchand (Le Cherche-Midi)

Résumé
Faire la connaissance de ses beaux-parents n’est jamais chose facile. Surtout s’ils habitent en Samouse, région que le jeune marié va apprendre à connaître le temps d’un week-end interminable. Dès le vendredi soir, il lui est évident que cela se passera mal. Mais jusqu’à quel point ?
Et l’impulsivité dont il fera preuve est-elle due à son état psychologique déjà bien dégradé ou à la rencontre de plein fouet avec cette diabolique région ?
Son objectif de départ – limiter les dégâts – finira par faire place à une exaltation mystique qui culminera le dimanche, jour du Seigneur.

Pourquoi lui ?
Pour un contexte connu et partagé par bien des lecteurs, la présentation aux beaux-parents. Un roman qui semble lui aussi vouloir nous happer dans des situations devenues particulières sous la plume de l’auteur.

Catégorie : So Livres !

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